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Afrique du Sud : l'ex-président Jacob Zuma est hospitalisé

Oct 11, 2026  Twila Rosenbaum  19 views
Afrique du Sud : l'ex-président Jacob Zuma est hospitalisé

Jacob Zuma hospitalisé : les faits essentiels

L'ancien président sud-africain Jacob Zuma est actuellement hospitalisé. L'information a été rendue publique vendredi par l'actuel chef de l'État, Cyril Ramaphosa, qui a indiqué que son prédécesseur suivait un traitement médical. « Le président Jacob Zuma n'était pas en bonne santé et il est désormais pris en charge par des médecins », a déclaré Ramaphosa à des journalistes. Il a ajouté souhaiter un prompt rétablissement à l'ancien dirigeant, espérant qu'il reprendra des forces et continuera à servir le peuple sud-africain de quelque manière que ce soit.

Selon plusieurs médias locaux, Jacob Zuma aurait été transporté mercredi en ambulance vers une clinique médicale de Pietermaritzburg, dans l'est du pays. Cette ville, capitale du KwaZulu-Natal, est un haut lieu de la vie politique de Zuma. Elle abrite notamment la Haute Cour où il a comparu à plusieurs reprises dans le cadre de poursuites pour corruption. Les circonstances exactes de son admission n'ont pas été précisées, et ni sa famille ni son parti n'ont publié de bulletin médical détaillé.

Les responsables du parti uMkhonto we Sizwe (MK) ont affirmé que l'ancien président subissait un bilan de santé de routine et qu'il était de bonne humeur. Ils n'ont toutefois pas confirmé s'il participerait aux prochains événements de campagne, notamment à un rassemblement prévu dans la région de Mtooba le 18 octobre. Jacob Zuma, figure de proue du MK, devait jouer un rôle de premier plan dans les préparatifs du lancement du programme électoral à Mbombela. Sa participation aux campagnes attire particulièrement l'attention à l'approche des élections locales.

Un parcours politique hors norme

Né le 12 avril 1942 à Nkandla, dans la province du KwaZulu-Natal, Jacob Gedleyihlekisa Zuma est l'une des figures les plus marquantes et les plus controversées de l'histoire politique sud-africaine. Son engagement contre le régime d'apartheid commence dès la fin des années 1950, lorsqu'il rejoint le Congrès national africain (ANC) et son aile militaire, uMkhonto we Sizwe. Arrêté en 1963, il est condamné à dix ans de prison et incarcéré sur l'île de Robben Island, aux côtés de Nelson Mandela et d'autres dirigeants de la lutte anti-apartheid.

Après sa libération, Zuma s'exile et continue de travailler pour l'ANC, notamment dans les réseaux de renseignement du mouvement. Il rentre en Afrique du Sud au début des années 1990, après la levée de l'interdiction de l'ANC. Il gravit alors les échelons du parti et de l'État. Vice-président de l'Afrique du Sud de 1999 à 2005, il est démis de ses fonctions par le président Thabo Mbeki après avoir été cité dans une affaire de corruption liée à un contrat d'armement. Malgré cela, il réussit à prendre la tête de l'ANC en 2007, puis à être élu président de la République en 2009.

Son mandat présidentiel, marqué par une popularité importante auprès des bases populaires, est aussi entaché par de multiples scandales. En 2018, sous la pression de son propre parti, il démissionne avant la fin de son second mandat. Cyril Ramaphosa lui succède. Cette transition intervient après des années de révélations sur la « captation de l'État », un système de corruption et de détournement de fonds publics mis en lumière par une commission d'enquête judiciaire. Zuma a toujours nié les accusations les plus graves, dénonçant une campagne politique à son encontre.

Des ennuis judiciaires persistants

Depuis sa démission, Jacob Zuma fait face à de nombreuses procédures judiciaires. Il est notamment poursuivi pour corruption, fraude et blanchiment d'argent dans le cadre du contrat d'armement de 1999. Le procès, maintes fois reporté, n'a toujours pas livré son verdict. En 2021, la Cour constitutionnelle l'a condamné à quinze mois de prison pour outrage après son refus de comparaître devant la commission chargée d'enquêter sur la captation de l'État. Son incarcération à Estcourt, dans le KwaZulu-Natal, avait déclenché des violences et des pillages d'une ampleur rare, faisant plus de 300 morts et causant des dégâts économiques considérables.

Zuma avait ensuite été libéré pour raisons médicales, puis sa peine avait été commuée. Il a brièvement été réincarcéré avant d'être à nouveau remis en liberté. Ces allers-retours judiciaires ont alimenté les tensions politiques et nourri le discours de ses partisans, qui dénoncent un acharnement. L'ancien président a également été confronté à des problèmes de santé à plusieurs reprises. En 2021, il avait été hospitalisé après avoir contracté le Covid-19 alors qu'il se trouvait en détention. D'autres hospitalisations ont été signalées ces dernières années, sans que des détails médicaux ne soient systématiquement rendus publics.

Le parti MK, tremplin politique et enjeu de pouvoir

En décembre 2023, Jacob Zuma a apporté son soutien à la création du parti uMkhonto we Sizwe, qui reprend le nom de l'ancienne branche armée de l'ANC. Ce nouveau mouvement a rapidement bousculé le paysage politique sud-africain. Aux élections nationales de 2024, le MK est devenu la troisième force politique du pays, obtenant environ 14,6 % des voix et 58 sièges au Parlement. Ce résultat a contribué à priver l'ANC de sa majorité absolue pour la première fois depuis la fin de l'apartheid.

Jacob Zuma devait initialement figurer sur la liste du MK pour le Parlement, mais la Cour constitutionnelle l'en a empêché en raison de sa condamnation pour outrage. Il reste néanmoins la principale figure de proue du parti, capable de mobiliser des foules importantes, en particulier dans le KwaZulu-Natal. Son influence dépasse le cadre strictement électoral : il incarne une ligne politique fondée sur la transformation économique radicale, la défense des exclus et une critique virulente des élites de l'ANC.

Le parti MK a depuis structuré ses instances et prépare les prochaines élections locales. Le lancement du programme électoral à Mbombela, dans la province du Mpumalanga, devait marquer une étape importante. La présence de Zuma à cet événement était attendue, car il attire les médias et les sympathisants. Son hospitalisation jette donc une incertitude sur le calendrier politique du mouvement et sur sa capacité à maintenir sa dynamique.

Quelles conséquences pour la campagne ?

Pour l'instant, les responsables du MK se veulent rassurants. Ils parlent d'un bilan de santé de routine et affirment que l'ancien président est de bonne humeur. Mais aucune confirmation n'a été donnée quant à sa participation au rassemblement du 18 octobre dans la région de Mtooba. Ce rendez-vous est présenté comme un moment clé de la précampagne, à quelques mois des élections locales. Sans Zuma, le parti pourrait avoir plus de difficultés à mobiliser ses sympathisants, même si d'autres cadres tentent de prendre le relais.

La santé de Jacob Zuma est devenue un enjeu politique à part entière. Chaque hospitalisation alimente les spéculations sur son état réel, sur sa capacité à continuer à diriger le MK et sur l'avenir de son influence. Dans un pays où les questions de leadership et de succession sont sensibles, l'absence d'information médicale détaillée nourrit les rumeurs. Les partisans de l'ancien président appellent au respect de sa vie privée, tandis que ses adversaires soulignent que son état de santé pourrait peser sur la stabilité de son parti.

À plus long terme, la question de l'après-Zuma se pose avec acuité pour le MK. Le mouvement a été construit en grande partie autour de sa personnalité et de son héritage politique. Si l'ancien président devait réduire ses activités, le parti devrait trouver de nouvelles figures capables de porter son message. Cette transition, déjà délicate, pourrait être accélérée par les problèmes de santé de son fondateur politique.

Un paysage politique sous tension

L'Afrique du Sud traverse une période politique mouvementée. La coalition gouvernementale issue des élections de 2024, qui rassemble l'ANC, l'Alliance démocratique et plusieurs autres partis, doit gérer des défis économiques et sociaux considérables : chômage élevé, inégalités persistantes, crise de l'électricité, criminalité et mécontentement social. Dans ce contexte, le MK joue un rôle d'opposition parfois imprévisible, combinant critique de l'ANC et revendications de rupture.

La santé de Jacob Zuma s'inscrit donc dans un tableau plus large. Elle rappelle que les grandes figures de la lutte anti-apartheid, qui ont dominé la vie politique pendant des décennies, arrivent à un âge avancé. La transition générationnelle reste inachevée, et les tensions entre héritage, loyautés personnelles et renouvellement politique sont loin d'être résolues. L'hospitalisation de l'ancien président braque à nouveau les projecteurs sur ces questions.

Les prochains jours seront déterminants pour savoir si Jacob Zuma reprend ses activités publiques. Le rassemblement de Mtooba, prévu le 18 octobre, reste pour l'instant maintenu. Les responsables du MK n'ont pas annoncé de changement de programme, mais ils pourraient être contraints de s'adapter si l'état de santé de leur leader nécessite une convalescence prolongée. En attendant, le pays observe avec attention l'évolution de la situation d'une figure qui, malgré les scandales et les procès, continue de peser sur la vie politique sud-africaine.


Source: MSN News


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