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Mark Cuban, l'homme d'affaires qui soutient Kamala Harris et s'oppose à Elon Musk

Jul 04, 2026  Twila Rosenbaum  11 views
Mark Cuban, l'homme d'affaires qui soutient Kamala Harris et s'oppose à Elon Musk

Mark Cuban, l'une des figures les plus médiatiques de la Silicon Valley et du monde des affaires américain, s'est lancé dans une bataille politique de premier plan. Alors que l'élection présidentielle du 5 novembre approche, il a choisi de soutenir ouvertement la candidate démocrate Kamala Harris, tout en s'opposant fermement à Donald Trump et à Elon Musk, le magnat de Tesla et SpaceX qui a rallié le camp républicain.

Dans un discours prononcé le 17 octobre lors d'un événement de campagne à La Crosse, dans le Wisconsin, Cuban a déclaré : « Donald Trump est le Grinch qui veut voler Noël. » Cette phrase choc résume son positionnement : il estime que l'ancien président est une menace pour les valeurs américaines et pour l'économie. Contrairement à Musk, qui a investi plus de 119 millions de dollars dans des comités pro-Trump, Cuban n'est pas un grand donateur. Il préfère utiliser sa notoriété et son franc-parler pour convaincre les électeurs modérés, en particulier les hommes de moins de 50 ans.

Qui est Mark Cuban ?

Né en 1958 à Mt. Lebanon, dans la banlieue de Pittsburgh, Mark Cuban a commencé à vendre des sacs poubelles à l'âge de 12 ans. Diplômé en commerce de l'Université d'Indiana, il a fondé MicroSolutions, une société de conseil informatique, qu'il a vendue pour 6 millions de dollars en 1990. Il a ensuite co-créé Broadcast.com, un service de streaming audio et vidéo, racheté par Yahoo! pour 5,7 milliards de dollars en 1999. Aujourd'hui, il est surtout connu du grand public pour avoir été le propriétaire des Dallas Mavericks, l'équipe de NBA, et pour ses apparitions dans l'émission de téléréalité Shark Tank, où il joue le rôle d'investisseur exigeant mais avisé.

En parallèle, il dirige Cost Plus Drugs, une société qui vend des médicaments sur ordonnance à bas prix, lancée en 2022. Son parcours d'entrepreneur technologique et son caractère extraverti en font une figure atypique parmi les milliardaires, qui sont souvent discrets en politique.

Du flirt avec Trump à l'opposition frontale

Mark Cuban n'a pas toujours été un adversaire de Trump. En 2015, il trouvait en le magnat de l'immobilier un « outsider » séduisant. Mais lors d'une conversation privée en 2016, Trump a refusé de rencontrer des propriétaires de petites entreprises, ce qui a provoqué un déclic chez Cuban. « Je lui ai demandé : ‘Que se passera-t-il si vous devez décider si quelqu'un vit ou meurt ?’ Il est resté silencieux », a-t-il raconté au New York Times. Depuis, Cuban n'a cessé de critiquer Trump, allant jusqu'à s'asseoir au premier rang d'un débat présidentiel en 2016 pour soutenir Hillary Clinton.

En 2024, il affirme que Trump est inapte à diriger le pays. « Je préférerais voter pour un sandwich au jambon », a-t-il lancé. Sa décision de soutenir Kamala Harris repose sur la confiance : « Kamala n'est pas parfaite, mais je lui fais confiance », a-t-il expliqué. Il loue sa rigueur, sa capacité à évaluer les propositions et son ouverture aux milieux d'affaires.

Le duel Cuban-Musk

Elon Musk, devenu l'un des plus grands donateurs de la campagne de Trump, est la cible privilégiée de Cuban. Les deux hommes s'affrontent régulièrement sur les réseaux sociaux, Cuban utilisant volontiers la plateforme X (anciennement Twitter) pour confronter Musk aux faits. « C'est leur kryptonite : qu'ils le confrontent aux faits », a-t-il déclaré. Il estime que Musk, en distribuant un million de dollars par jour aux électeurs via un PAC, transforme la course en un duel Harris contre Musk plutôt que Harris contre Trump.

Cuban reconnaît le génie entrepreneurial de Musk, mais l'accuse de brûler tout ce qu'il touche. « Il viendra un moment où vous aurez besoin de quelque chose de Donald Trump et il vous décevra », a-t-il prévenu.

Un soutien discret mais efficace

Kamala Harris évite de se faire photographier aux côtés de Cuban, contrairement à Trump avec Musk. Pourtant, Cuban mène une campagne officieuse : il a fondé les groupes Venture Capitalists for Kamala et Business Leaders for Harris. Il intervient dans les médias et lors d'événements pour marteler que Harris est meilleure pour l'économie, un point crucial car les sondages donnent Trump en tête sur ce sujet.

Lors de son meeting dans le Wisconsin, il a attaqué les hausses de tarifs douaniers proposées par Trump, les qualifiant de dangereuses pour les consommateurs : « On pense que c’est la Chine qui va payer, mais c’est nous qui allons payer. » Il a aussi rappelé que Trump avait promis que le Mexique paierait pour le mur à la frontière, une promesse non réalisée.

Les critiques internes

Tous les démocrates n'apprécient pas l'implication de Cuban. La progressiste Alexandria Ocasio-Cortez a mis en garde contre l'influence des milliardaires. Cuban a en effet appelé à limoger Gary Gensler, chef de la SEC, et Lina Khan, présidente de la FTC, pour leurs positions sur les cryptomonnaies et la régulation. Ocasio-Cortez a prévenu que si les milliardaires « flirtant » avec Harris poussaient à ces limogeages, il y aurait « une bagarre totale ».

Malgré ces tensions, Cuban continue de défendre Harris avec énergie. Il refuse de se considérer comme un coordinateur officiel : « Je m'occupe de ma propre programmation », a-t-il répondu au Guardian. Son don direct à une campagne est infime : 1 000 dollars à une représentante démocrate en 2002. Sa force réside dans sa parole et son réseau.

Pourquoi Cuban mise sur Harris

Mark Cuban est convaincu que Harris, si elle est élue, se dirigera vers le centre politique. Il se dit « socialement libéral, mais fiscalement conservateur » et voit en Harris une alliée pour les entrepreneurs modérés. Il estime que son bilan et sa méthode sont plus rassurants que ceux de Trump, qu'il juge imprévisible et dangereux. Son soutien, bien que non officiel, pèse dans la balance dans les États clés comme le Wisconsin, où son aura médiatique peut séduire des électeurs indécis.

Dans les dernières semaines de campagne, le contraste entre Cuban et Musk illustre la polarisation du monde des affaires américain. L'un mise sur la confiance et la modération, l'autre sur la disruption et la loyauté partisane. Reste à savoir lequel des deux parviendra à influencer le plus d'électeurs.


Source: BBC News Afrique News


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