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Charli XCX, qui sort son album « Music, Fashion, Film », ne pouvait pas rêver meilleur featuring de fin

Aug 10, 2026  Twila Rosenbaum  10 views
Charli XCX, qui sort son album « Music, Fashion, Film », ne pouvait pas rêver meilleur featuring de fin

Charli XCX n'a jamais caché son amour pour le cinéma. Avec son sixième album Brat, elle avait conquis la planète pop et imposé son univers singulier. Mais avec Music, Fashion, Film, la chanteuse britannique pousse le curseur encore plus loin : l'album, sorti ce vendredi 24 juillet, est un véritable écrin dédié au 7e art. De la pochette aux paroles, des collaborations aux clips, chaque morceau semble pensé comme une scène de film. L'artiste de 33 ans assume pleinement ce virage artistique, affirmant que la musique et le cinéma ont toujours été intimement liés dans sa carrière.

Le projet s'ouvrait pourtant sur une fausse piste. Le premier titre, Rock Music, laissait présager un album rock, comme certains l'avaient annoncé. Mais très vite, l'auditeur comprend que l'album explore bien d'autres territoires : l'art, l'excellence, l'immortalité. Pour incarner cette ambition, Charli XCX a fait appel à une figure légendaire du cinéma : David Cronenberg. Le réalisateur canadien, âgé de 83 ans, apparaît sur la dernière chanson, également la plus longue de l'album, intitulée No One Lasts Forever. Sa voix grave et fragile clôt le disque, apportant une dimension philosophique inattendue.

Une rencontre entre deux univers

Ce featuring n'a rien d'anodin. Charli XCX est une grande admiratrice du cinéaste, au point d'avoir nommé son cinquième album Crash, en référence au film éponyme de Cronenberg sorti en 1996 et récompensé au Festival de Cannes. Cette filiation cinéphile est revendiquée avec fierté par l'artiste, qui voit en Cronenberg un maître de l'exploration des corps et des esprits. Le choix de l'inviter sur son album n'est donc pas un simple coup marketing, mais une véritable déclaration d'amour au cinéma d'auteur.

Sur No One Lasts Forever, Charli XCX chante pendant près de trois minutes avant de céder la place à la voix du réalisateur de La Mouche et A History of Violence. Cette voix est extraite d'une conversation entre les deux artistes, enregistrée à Toronto en 2025. « Nous avons parlé pendant une heure et nous avons choisi ensemble les passages qui nous semblaient les plus pertinents par rapport à la chanson, mais la conversation entière est tout simplement passionnante », explique-t-elle dans l'émission YouTube Triple J. L'artiste dit conserver précieusement cet échange dans ses « archives personnelles », le considérant comme une « grande fierté ».

Ce qui frappe dans ce titre, c'est l'étonnante synchronicité entre les propos de Cronenberg et l'atmosphère de la chanson. « Ce qui est vraiment dingue, c'est qu'il a parlé en parfaite harmonie avec la chanson, sans même l'avoir jamais entendue le jour où nous l'avons écrite. Je me suis dit : Ok, c'est un génie », se remémore Charli XCX. Une preuve, s'il en fallait, de l'intelligence artistique du cinéaste.

« L'oubli est la liberté » : le testament de Cronenberg

Sur ce morceau, David Cronenberg livre une réflexion profonde sur l'héritage de l'art. « Oui, certains artistes ont créé des œuvres qui ont véritablement traversé les millénaires, et c'est formidable. Mais, concrètement, pour eux, ces œuvres sont mortes. Elles ont disparu. Ils ne les vivent plus. » Une méditation existentielle qui résonne avec la carrière de Charli XCX, propulsée sous les projecteurs après le succès planétaire de Brat. La suite du texte est tout aussi saisissante : « L'oubli est la liberté », déclare Cronenberg, avant que les paroles ne se répètent en boucle : « Ils sont morts. Ils sont partis. Personne ne dure éternellement. »

Ce choix éditorial n'est pas anodin. Il intervient à un moment où Charli XCX doit gérer les attentes énormes suscitées par son précédent album. En plaçant cette réflexion sur la mortalité des œuvres en conclusion de son disque, elle semble vouloir se libérer du poids des comparaisons et des exigences commerciales. L'album devient ainsi un manifeste pour une création artistique affranchie des contingences temporelles.

Un album qui déborde de références cinématographiques

Dès la pochette, l'album affiche ses ambitions. On y voit Martin Scorsese, le célèbre réalisateur de Taxi Driver et Les Affranchis, trônant aux côtés de John Cale, membre fondateur du Velvet Underground, et du créateur de mode Marc Jacobs. Une image forte qui symbolise la rencontre entre le cinéma, la musique et la mode, trois piliers de l'univers de Charli XCX. Le titre de l'album, Music, Fashion, Film, résume d'ailleurs parfaitement cette triple passion.

Le clip du titre Camera, dévoilé deux jours avant la sortie de l'album, pousse le concept encore plus loin. Filmé en noir et blanc, il met en scène Charli XCX dans la peau d'une réalisatrice en plein désert, dirigeant le comédien français Vincent Cassel. L'acteur y incarne un artiste agacé qui finit par mimer un pistolet contre sa tempe. Une scène qui fait directement référence au célèbre miroir de La Haine de Mathieu Kassovitz. Ce clin d'œil appuyé témoigne de la culture cinématographique impressionnante de la chanteuse, qui n'hésite pas à convoquer les classiques du cinéma mondial dans son travail.

Charli XCX, nouvelle muse du 7e art

Cet album arrive à un moment charnière dans la carrière de l'artiste, qui a clairement entamé une transition vers le cinéma. Après avoir composé la bande originale du film Hurlevent en début d'année, elle a tenu le rôle principal du film indépendant Eruption, réalisé par Pete Ohs. Cette expérience semble l'avoir convaincue de poursuivre dans cette voie. Elle doit en effet apparaître dans le prochain film de Gregg Araki, I Want Your Sex, aux côtés d'Olivia Wilde et Cooper Hoffman, attendu pour le 29 juillet.

Mais ce n'est que le début. Selon les annonces récentes, Charli XCX est pressentie au casting du prochain film de Dakota Johnson, A Tree is Blue, ainsi que dans The Gallerist, qui réunira Natalie Portman et Jenna Ortega. Elle serait également à l'affiche du prochain long-métrage de Romain Gavras, un projet très attendu avec Chris Evans, Salma Hayek, Anya Taylor-Joy et... Vincent Cassel. Une nouvelle qui ne manquera pas de ravir les fans de la chanteuse, qui pourront la voir évoluer dans un registre dramatique.

Cette multiplication de projets cinématographiques n'est pas surprenante pour celle qui a toujours considéré le cinéma comme une source d'inspiration majeure. Dès ses débuts, Charli XCX a nourri sa musique de références visuelles et narratives empruntées au grand écran. Ses clips, souvent soignés et conceptuels, ont toujours eu une dimension filmique. Avec Music, Fashion, Film, elle franchit un cap supplémentaire en intégrant directement des cinéastes et des acteurs à son processus créatif.

L'album est également un terrain d'expérimentation sonore. Les arrangements, plus ambient et atmosphériques que sur Brat, créent des paysages musicaux propices à l'évocation d'images. On pense parfois aux bandes originales de films des années 1970, avec des nappes de synthétiseurs et des rythmes pulsés. Cette évolution stylistique confirme la volonté de Charli XCX de ne pas se reposer sur ses acquis et de surprendre son public à chaque sortie.

Avec Music, Fashion, Film, Charli XCX s'affirme plus que jamais comme une artiste totale, capable de naviguer entre les genres et les disciplines. En convoquant des figures aussi prestigieuses que David Cronenberg, Martin Scorsese ou Vincent Cassel, elle inscrit son travail dans une histoire culturelle plus vaste. Et en explorant les thèmes de la mortalité et de l'héritage, elle aborde des questions universelles avec une maturité nouvelle.

La réception critique de l'album est d'ailleurs très positive. Les journalistes saluent unanimement l'audace du projet et la beauté de ses textures sonores. Certains y voient même le travail le plus personnel et le plus abouti de la chanteuse. Le duo avec Cronenberg est particulièrement remarqué, certains critiques le qualifiant de « moment de grâce » et de « pont inattendu entre la pop et le cinéma d'auteur ».

Au-delà de l'album, Charli XCX semble déterminée à conquérir le monde du cinéma, un milieu qui la fascine depuis l'enfance. Dans plusieurs interviews, elle a confié avoir toujours rêvé de jouer dans des films, sans jamais oser le croire possible. Aujourd'hui, elle a les moyens de ses ambitions. Sa notoriété internationale et ses réseaux lui ouvrent les portes des plus grands plateaux. Il ne fait aucun doute que l'avenir lui réserve de belles surprises.

En attendant, les auditeurs peuvent se plonger dans Music, Fashion, Film et découvrir un univers riche et dense, où chaque écoute révèle de nouveaux détails. Les amateurs de cinéma y trouveront de nombreuses références, des plus explicites aux plus subtiles. Les fans de Charli XCX, quant à eux, y verront la confirmation d'une artiste en perpétuelle évolution, toujours prête à repousser les limites de sa créativité. Un album à la fois intime et universel, qui marque sans conteste une étape majeure dans la carrière de l'artiste britannique.


Source: Le HuffPost News


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